Exposition DAIMYO au Musée Guimet

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Que vous soyez ou non connaisseur de la culture japonaise, cette exposition ne manquera pas de vous intéresser ! Qui n’a jamais rêvé de contempler de près ces fameuses armures de samourai ? Des ensembles de laque et d’acier inoffensifs, et qui pourtant, des centaines d’années après, ne manquent pas de nous glacer le sang, quand on tente de plonger notre regard dans ce trou béant où on imagine le visage intransigeant d’un chef de guerre ?

Le Musée Guimet organise à ce sujet une très belle exposition sur les Daimyo, ces seigneurs régionaux à la tête des clans entre le 12ème et le 19ème siècle. Une exposition unique et répartie en trois espaces : la première partie est logée à l’Hôtel d’Heidelbach, annexe du Musée Guimet, la seconde partie au sein du Musée Guimet proprement dit, et la troisième au Palais de Tokyo. Bien que les trois bâtiments soient tout proches, prévoyez tout de même 2 bonnes heures pour tout voir !

Rendons visite à ces Daimyo !

Avant de commencer le tour ensemble, qu’est ce qu’un Daimyo ? 

Le mot « Daimyo » s’écrit 大名, ce qui se traduit littéralement pas « grande personne« . Les Daimyo se trouvaient tout en haut de la pyramide sociale de l’époque. En tant que guerrier, il était un samourai (ce qui signifie  « celui qui sert » et qui constituait 7% de la société) et suit le bushido, la Voie du guerrier (des codes moraux propres aux guerriers : honneur, loyauté, sincérité…). Seul le Shogun (chef militaire suprême, chef de l’Etat, qui gouvernait au nom de l’empereur, qui n’avait qu’un pouvoir de représentation et spirituel) se plaçait au dessus deux. Chaque daimyo contrôlait une région : militairement, mais également socialement et culturellement. En effet, les régions étaient en fait calquées sur les zones d’influence des clans : ce système créait donc un vrai tissu de relation de vassalité et de fidélité entre les familles, toutes liées.

La vie des clans, et donc des daimyo, a été ponctuée de batailles et de conflits armés tout au long de leurs histoires : c’est à leur équipement que cette exposition est vouée. Outils de défense (ou d’attaque) autant que d’expression symbolique de leur rang, leurs armures, leurs casques, leurs sabres se transmettaient de générations en générations, et en l’absence du maître de maison, trônaient fièrement au centre de la pièce de réception des châteaux (toujours en position assise).

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Armure aux armoiries de la famille Maeda (datée de 1741 – province de Kaga)

L’ornement frontal du casque représente ici une libellule, symbole de persévérance chez les samourai car elle vole toujours de l’avant, et toujours de face : une métaphore pour ces guerriers pour qui l’honneur était une valeur primordiale. La sorte de nez crochu représente le bec de Garuda, une créature mythique mi-homme mi-oiseau du panthéon hindou puis bouddhique, monture de Vishnou.

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Mais pourquoi diable un Daimyo aurait été mettre des pinces de crabe sur son casque ? En dehors d’être un symbole de force virile, le crabe fait ici référence à une légende où les guerriers d’un clan (les Taira, mais c’est une autre histoire !) se seraient réincarnés en un crabe géant, Heikegani, après s’être noyés à l’issue d’une défaite funeste.

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Comment aborder le sujet des daimyo sans parler de leurs sabres ? Légendaires, il en existe de plusieurs tailles. Si les forgerons japonais sont devenus célèbres dans le monde entier, c’est en partie grâce à leurs techniques ancestrales, mais aussi à l’excellente qualité de l’acier (alliage de fer et de carbone) japonais, issu d’un minerai de fer très pur, sans phosphore et souffre (ce qui le rendrait cassant), et à des ressources en bois  très abondantes (indispensables pour les forges).

L’acier japonais est donc relativement souple, idéal pour réaliser des armures ou des armes performantes.

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Le visage des daimyo était protégé par des demi-masques de fer et de laque, portant souvent des expressions dures, féroces voire effrayantes (style ressei) comme cette exemple de mâchoire édentée.

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Armure aux armoiries de la famille Inagaki (fin 17ème, province d’Omi)

Les daimyo rivalisaient d’originalité quant à leurs armures et surtout aux kabuto (les casques). Les formes étaient fréquemment empruntées à la nature (parfois insolites pour nous) ou à la symbolique bouddhique. Ici, cette armure comporte un ornement frontal représentant un phénix stylisé et deux oreilles de lapin (ou deux cornets à glace, comme l’a précisé un petit garçon à côté de moi !)

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Armure aux armoiries de la famille Oseki (milieu du 18ème, province de Shimotsuke)

Reprenant le style de masque effrayant ressei, cette armure comporte un ornement frontal représentant des bois de cerf.

Après deux premiers espaces d’expositions (classiques), direction le Palais de Tokyo pour une mise en scène d’armures dans un environnement résolument contemporain. Aussi déroutante que cette 3ème exposition puisse être, je trouve qu’elle a su mettre en majesté les armures, à leur rendre leur majesté et leur autorité naturelle, comme si le daimyo était présent…

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Armure aux armoiries de la famille Sagara (début du 19ème siècle, province de Higo)

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Armure aux armoiries du clan Sakai (18 ou 19ème, province de Harima)

Foncez-vite découvrir cette riche et belle exposition, en place jusqu’au 13 mai 2018.

Tarif : 11,50 € 
Adresse: Musée Guimet, Place d’Iena, 75116 PARIS

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